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Qui n’a pas éprouvé le besoin de se faire comprendre en illustrant son propos par un simple dessin ?
Qu’il s’agisse d’une idée, d’un concept ou d’une forme, sa projection sur le plan, le plus souvent une feuille de papier, vient souvent en aide à la projection cérébrale qui échappe encore. Cette démarche naturelle trouve ses limites dans la complexité même.
Ainsi, paradoxalement, il semble qu’une explication graphique est adaptée pour une complexité relativement simple… Au-delà d’une certaine limite, l’effort, pour reconstruire cérébralement l’objet à partir d’un plan, annihile le gain recherché par la simplification. Tout au moins, pour des personnes peu exercées à construire une image en trois dimensions à partir d’une représentation en deux dimensions. Dans ces cas compliqués, il faut être habitué à la lecture de plans complexes. L’on ne s’étonne pas de voir alors des métiers naître autour de la gestion de la complexité.
Ce qui est plus surprenant, de la part de professionnel c’est qu’ils pensent pouvoir gérer mieux aujourd’hui la complexité grâce aux nouveaux moyens qu’offre la technologie. Comme si la complexité des ordinateurs actuels pouvait tout simplifier.
En matière de dessin, l’on a pourtant reproduit pendant longtemps, au moyen des ordinateurs, les modes de représentation que l’on connaissait sur papier. Après quoi, l’on a ajouté aux indémodables plans de projection, l’image en trois dimensions qui, au lieu d’être construite dans sa tête, est maintenant proposée à nos yeux.
Mais pourquoi donc le temps de réalisation des travaux de conception n’est-il pas plus drastiquement réduit ? N’a-t-on pas simplement remplacé l’important temps de réflexion que l’on consacrait à produire la bonne solution par l’important temps correction que l’on consacre à affiner les itérations dont la représentation nous échappe ?
Nous avons sans doute perdu une part de nos facultés à concevoir mentalement en trois dimensions et ce ci avant de nous exprimer en deux dimensions. Nous avons appauvri nos compétences à imaginer. Nous ne dessinons plus que pour attendre la sanction de la troisième dimension que nous retourne la machine. A vouloir simplifier, ne sommes nous pas devenus simplistes et n’a-t-on pas perdu une dimension importante ?